Ces souvenirs, ce passé, ces regards lourds de sens m'ont submergé et mise à mal. Un tsunami.
Ces grains de sable sont venus s'imisser en une brève bourrasque et qui peu à peu mute en une réelle tornade désertique. Dévastant les certitudes, le deuil et l'oubli.
L'un partant au moment même ou l'autre réapparait. Mauvaise, très mauvaise coincidence, une fois de plus. Confusion et saveur douce-amère s'entremêlent pour me pousser contre toi. Le choc fut sourd. Et l'ivresse grandiloquente. Une main sur ton torse, l'autre tendue vers cette silhouette, massive et trop muette. Bras tendus, pour t'échapper autant que pour retarder l'instant autant désiré que redouté. Totalement déraisonnable, rien qu'un appel de chair, le hurlement du passé et l'écume des meilleurs jours coulant dans ma gorge irritée par le sel. Elle se déploie de rires francs et partagés. Massifs et cinglants comme le coup de feu pétaradant l'ouverture du sprint. Un jeu malsain, tellement malsain. Tes deux yeux verts en guise d'adversaires, toujours aussi finement dessinés, identique éclat entre ces cheveux corbeau en bataille. Tu es encore plus beau qu'avant, c'est une réalité.
Et ma cervelle déraisonne, balance entre cette impasse passionnelle et la route sirupeuse qui s'est ouverte il y a bientôt trois mois. Je me complais à l'imaginer te démolir. C'est si bête, à la fois si cruel ou enfantin je ne sais même pas. Pourquoi es-tu revenu si ce n'est pour me hanter, y compris lorsque je suis contre sa chair. Toi que j'ai désiré si ardemment. Toi qui m'a si violemment détruite à force d'indifférence autant que bâtie. Toi à qui j'ai tant donné à force de temps et de patience. L'incompréhension partielle et l'osmose totale. La violence glaciale autant que la tendre guerre. L'insatiable appétit autant que la déchéance des espoirs portés. Cette intensité sans commune mesure. Dans le bon comme dans le mauvais.
Je ne peux croire en une quelconque seconde chance, ne peux rêver à un nouveau départ, pour Lui comme pour moi. Il faut que tu partes, par pitié. Ne gâche pas tout. Ne me fais pas ça, pas encore. Laisse moi entendre qu'il te surpasse. Laisse moi l'aimer plus encore que j'ai pû t'aimer. Laisse moi le désirer plus fort encore que je te désire.



